Novembre 2009 : l'intersyndicale reçue par le président du Sénat

Le 5 novembre 2009 : Le président de la haute assemblée a estimé que vu "l’encombrement de l’ordre du jour" parlementaire, le projet de changement de statut de l’AFP ne devrait pas être examiné en début d’année prochaine. Il a proposé de "mettre en place des auditions avant le dépôt du texte".

COMMUNIQUE DE L'INTERSYNDICALE DE L'AFP

Le président du Sénat, Gérard Larcher, a reçu, jeudi pendant une heure, des représentants de l’intersyndicale CGT-CFDT-SNJ-FO-SUD de l’AFP à propos du projet de changement de statut de l’agence, préparé par son PDG Pierre Louette à la demande du gouvernement et qui vise à en faire une société nationale à capitaux publics.

Ayant préalablement rencontré M. Louette, le président du Sénat a souligné qu’il avait tenu à s’entretenir aussi avec les élus du personnel "parce qu’il (lui) semblait utile, dans le clocher, d’entendre tous les sons de cloches". Il s’agit, a-t-il ajouté, de "voir si on peut faire avancer les choses de manière positive dans une écoute mutuelle".

Après avoir entendu tour à tour les représentants de l’intersyndicale, qui ont tous dénoncé les dangers d’une étatisation de l’agence et de sa transformation de fait en société anonyme, M. Larcher a souligné l'importance de l'AFP et affirmé qu'il suivait le dossier de près.

Il a estimé que vu "l’encombrement de l’ordre du jour" parlementaire, le projet de changement de statut de l’AFP ne devrait pas être examiné en début d’année prochaine et il a proposé de "mettre en place des auditions avant le dépôt du texte".

Il a rappelé que la mission Tabarot (ndlr: Michèle Tabarot, présidente de la commission des Affaires culturelles de l’Assemblée nationale, mission demandée par l'intersyndicale toutes catégories confondues) doit démarrer ce mois-ci avec les première auditions, et a précisé qu’il allait "consulter le président de l’Assemblée nationale", Bernard Accoyer, afin que le processus d’auditions menées en parallèle par les membres des deux chambres "ne débouche pas sur des dissonances".

Au Sénat, "On mettrait des gens de tous les groupes politiques et en même temps on se rapprocherait du groupe Tabarot à l’Assemblée nationale", a-t-il dit.

Après ce travail mené en parallèle, mais coordonné, une synthèse devrait être faite et il y aurait a partir de là de nouvelles auditions. Selon M. Larcher, il faudra voir si une éventuelle modernisation du statut de 1957 doit passer par une modification de la loi ou se faire par voie réglementaire.
"L’objectif, a-t-il estimé, est d’avoir une AFP plus forte à l’issue de tout cela".

Pour les représentants du personnel, les propositions du président Larcher vont dans le bon sens et font écho aux voix des nombreuses personnalités et citoyens, de droite comme de gauche, qui ont déjà signé la "pétition pour l'indépendance de l'AFP" (plus de 20.000 signatures à ce jour - www.sos-afp.org).
L'avenir de l'AFP, l'une des trois agences mondiales d'information, avec la britannique Reuters et l'américaine Associated Press, et la seule à apporter une vision non anglo-saxonne de l'information, ne pourra jamais se décider au gré des envies et considérations politiques de tel ou tel gouvernement. Il en va de la crédibilité de l'agence et, plus généralement, de la défense de la démocratie.

L’intersyndicale avait été précédemment reçue par la commission des affaires culturelles du Sénat le 4 février et par le sénateur David Assouline le 19 octobre, ainsi que par plusieurs députés.

Paris, le 6 novembre 2009.