Le comment et le pourquoi

Comment...

Pétition : "Requête, réclamation... Ecrit adressé aux pouvoirs publics, par lequel toute personne (seule ou avec d'autres) exprime son opinion sur ce qui la concerne ou sur une question d'intérêt général." - le Petit Robert.

La pétition que vous êtes invité à signer ici correspond exactement à cette définition, car l'"information complète et objective... exacte, impartiale et digne de confiance" dont il est question dans les statuts de l'Agence France-Presse relève bien d'une question d'intérêt général.

Et notre pétition sera bien "adressée aux pouvoirs publics" car à la fin de notre campagne - soit lorsqu'un projet de loi modifiant notre statut de 1957 sera déposé devant le Parlement, soit lorsque la direction de l'Agence et le gouvernement abandonneront leur projet - la liste complète des signatures sera tirée sur papier et apportée à l'Assemblée nationale.

Autrement dit, l'affichage sur Internet, qui semble être le seul objectif de tant de "pétitions électroniques" de nos jours, n'est qu'un des aspects de notre initiative. Cet affichage a toutefois une certaine utilité, car il contribue fortement à maintenir notre campagne sous les projecteurs de l'actualité. C'est pourquoi nous vous encourageons, sans vous y obliger, à autoriser cet affichage le temps de notre campagne.

NB : notre pétition est fermée aux nouvelles signatures depuis le 20 avril 2012. Pour en savoir plus, lire notre communiqué

Le défi de la crédibilité

La démarche "pétition en ligne" n'a pas toujours bonne presse. La facilité avec laquelle on peut signer, l'absence d'une finalité autre que l'affichage d'une liste de noms sur Internet, et la possibilité d'ajouter des noms fantaisistes et parfois fictifs sont autant de facteurs qui tendent à la discréditer.

Nous avons tenté de pallier ces inconvénients de plusieurs manières :

  • en promettant la livraison des signatures, sur papier, à des destinataires clairement identifiés - le Parlement français et la direction de l'AFP ;
  • en offrant la possibilité de signer aussi bien sur papier que sur le web, avec toutes les signatures regroupées dans une seule liste au moment de la livraison ;
  • en recherchant activement la qualité des signatures : élimination des noms qui sont manifestemment fantaisistes et vérification dans la mesure du possible de l'existence réelle des signataires ;
  • en proposant (à partir de l'ouverture en mars de notre nouveau site) la possibilité de ne pas afficher sa signature sur le web, mais seulement de l'inclure sur les listes imprimées à la fin de la campagne ;
  • en assurant un "service après-vente" ; répondant dans la mesure du possible aux messages qui nous sont adressés et procédant aux modifications que nous demandent nos signataires dans le respect de la loi "Informatique et libertés"

...et pourquoi

Au fil des ans, plusieurs gouvernements ont été tentés de modifier le statut de l'Agence France-Presse. En 2000, un projet visant à adosser l'Agence à Vivendi, alors au sommet de sa notoriété et à la veille de l'éclatement de la "bulle Internet", a échoué en grande partie grâce à l'opposition du personnel.

L'offensive actuelle a pris de l'envergure en 2008, lorsque l'AFP a subi des attaques particulièrement vives de plusieurs membres de la majorité. En mai le porte-parole de l'Union pour une majorité populaire, Frédéric Lefebvre, accuse notre agence de ne pas avoir suffisamment repris ses communiqués concernant une plainte judiciaire visant Ségolène Royal. M. Lefebvre saisit le Conseil supérieur de l'AFP sur cette question.

Répondant au porte-parole de l'UMP, le PDG Pierre Louette note que l'entreprise n'a pas vocation à "devenir une machine à diffuser des communiqués", et le président de la Société des journalistes de l'AFP, Christophe Beaudufe explique que l'agence "n'est pas un blog sur lequel les acteurs politiques ou économiques viendraient poster des communiqués à leur guise". La plainte déposée par le parti au pouvoir devant le Conseil supérieur sera rejetée.

Egalement en mai 2008 un autre député UMP, Claude Goasguen, dit qu'il "souhaite ardemment une privatisation" de l'AFP, qu'il qualifie d'"agence d'Etat".

En juillet le PDG Pierre Louette, qui deux ans plus tôt avait annoncé qu'il n’avait "pas vocation à réformer les statuts de l’agence" et que ces derniers "n’ont pas empêché l’agence de vendre ses produits à l’international et à être probablement la première agence généraliste en Asie et au Moyen-Orient", a subitement affirmé son désir de "toiletter" le statut. Il évoque, entre autres mesures, un allongement du mandat du PDG de trois à cinq ans, et la fin de la règle qui oblige l'agence à présenter un budget en équilibre. L'intersyndicale note que "dans le contexte politique et économique actuel, ces propositions de toilettage représentent un risque réel et grave d’une remise en cause globale du statut."

En septembre le gouvernement publie le rapport Giazzi commandé à l'occasion des Etats-généraux de la presse voulus par le Président Nicolas Sarkozy. Parmi les propositions, "la transformation de l'AFP en société anonyme, lui permettant de se doter d'un capital et de fonds propres." (En fait, les Etats-généraux de la presse n'aborderont pas la question de l'AFP).

Le mois suivant, le gouvernment annonce officiellement que M. Louette est "mandaté" pour proposer un changement de statut qui doit notamment "doter l’Agence d’un actionnariat stable" et "conforter son rayonnement international et européen".

Cette annonce, suivant les critiques particulièrement dures lancées contre l'Agence par des représentants du pouvoir, provoque une grande inquiétude au sein du personnel. L'intersyndicale lance la pétition "SOS-AFP" le 27 novembre. Elle appelle à refuser "toute modification qui aurait pour effet soit de transformer l'AFP en agence gouvernementale, soit de la livrer en totalité ou en partie à des entreprises privées quelles qu'elles soient et sous quelque forme que ce soit".